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RÉFÉRENCE
WATTHEE-DELMOTTE Myriam, « Le dévoreur dévoré ou le mythe de Kronos/Saturne à la lumière de la paranoïa-critique », dans CHÉNIEUX-GENDRON Jacqueline et VADÉ Yves (sous la dir. de), Pensée mythique et surréalisme, [Paris], Lachenal & Ritter, 1996, p. 163-181 (coll. « Pleine Marge », n° 7).

Myriam Watthee-Delmotte
Myriam Watthee-Delmotte est agrégée de l’enseignement supérieur, maître de recherches du Fonds National de la Recherche Scientifique (F.N.R.S.), et chargée de cours à l’Université catholique de (...) Plus...

article

[introduction]

Le dévoreur dévoré
ou le mythe de Kronos/Saturne à la lumière de la paranoïa-critique

D
ANS les textes de Salvador Dali, on peut remarquer la présence implicite et explicite du mythe saturnien dans toute son ambivalence, c’est-à-dire à la fois la figure destructrice du Kronos de la Théogonie d’Hésiode, titan dans la force de l’âge dévorant ses enfants, et celle, pacificatrice, du héros vieillissant des Travaux et des jours, roi exilé créateur de l’Âge d’or.

Cette référence mythique n’apparaît pas sans motif dans l’univers dalinien : dans cette œuvre profondément marquée par une quête d’identité, le mythe saturnien tend à traduire une problématique qui touche personnellement l’artiste, celle des relations filiales conflictuelles. Omettre d’évoquer l’ancrage biographique de la présence, en filigrane, du mythe de Saturne dans les écrits daliniens serait oublier la nature égotiste de l’œuvre et sa mission cathartique. Mais Dali effectue un recours non systématique, non organisé au mythe : s’il pressent certains parallélismes entre son vécu et l’un ou l’autre élément saturnien, il ne cherche guère dans la structuration mythique une voie d’élucidation personnelle. Au contraire, c’est dans les libertés qu’il prend par rapport à la tradition qu’il trouve, on le verra, sa propre voie d’édification artistique et individuelle, car la vie et l’œuvre ne forment ici qu’un tout, comme le suggérait le Maître lui-même, qui proposait le titre générique : « De la vie de Salvador Dali considérée comme une œuvre d’art ».


Référence : WATTHEE-DELMOTTE Myriam, « Le dévoreur dévoré ou le mythe de Kronos/Saturne à la lumière de la paranoïa-critique », dans CHÉNIEUX-GENDRON Jacqueline et VADÉ Yves (sous la dir. de), Pensée mythique et surréalisme, [Paris], Lachenal & Ritter, 1996, p. 163-181 (coll. « Pleine Marge », n° 7).
 
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Envoyer un mail au GRIT - Mise à jour : mercredi 16 décembre 2015