Grit Groupe de Recherche sur l'Image et le Texte
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RÉFÉRENCE
COURTOIS Luc, « Le “châssis à molettes” dans la bande dessinée wallonne : de la représentation au récit », dans TILLEUIL Jean-Louis (sous la dir. de), Théories et lectures de la relation image-texte, Cortil-Wodon, E.M.E., 2005, p. 233-258 (coll. « [TEXTE-IMAGE] »).

Luc Courtois
Historien, Luc Courtois est professeur d’histoire contemporaine à l’Université catholique de Louvain et directeur de la Fondation wallonne P ;-M. et J.-F. Humblet de Louvain-la-Neuve. (...) Plus...

article

[introduction]

Le « châssis à molettes » dans la bande dessinée wallonne
De la représentation au récit

E
NQUêTANT sur la bande dessinée francophone belge comme témoignage de l’histoire sociale de Wallonie [1], nous avons été amené à constater l’importance des représentations de la mine dans le corpus d’images renvoyant aux réalités régionales. L’industrie houillère, qui a profondément marqué le tissu social wallon aux XIXe et XXe siècles, est figurée de façon privilégiée par le « chevalement », appelé « bellefleur » en région liégeoise et « châssis à molettes » au pays de Charleroi. L’analyse du contexte narratif dans lequel l’icône « châssis à molettes » s’inscrit amène à une double constatation. D’une part, bien plus que la figuration réaliste d’un paysage « familier », ce « châssis à molettes » apparaît en fait comme l’expression symbolique de la réalité sociale de la mine : à la fois lieu par excellence de l’exploitation ouvrière, mais aussi lieu du combat désespéré des mineurs pour un monde plus juste. D’autre part, c’est cette ambivalence symbolique de la mine, à la fois comme lieu d’oppression et de libération, qui commande l’insertion de la « bellefleur » dans la trame narrative : elle intervient toujours au moment précis où le récit se noue, où les protagonistes de l’aventure retournent la situation. L’exemple du « châssis à molettes » dans la bande dessinée wallonne illustre ainsi le phénomène de construction d’un langage propre qui associe de façon privilégiée les significations symboliques d’une image et l’articulation narrative du texte [2].


[1] Luc COURTOIS, « Les réalités sociales », dans Jean PIROTTE, Luc COURTOIS, Arnaud PIROTTE et Jean-Louis TILLEUIL (sous la dir. de), Du régional à l’universel. L’imaginaire wallon dans la bande dessinée, Louvain-la-Neuve, Fondation wallonne P.-M. et J.-F. Humblet, 1999, p. 49-64, coll. « Études et documents, n° 4 ».

[2] La présente contribution est une reprise mise à jour de notre article « Le “châssis à molettes”, symbole du patrimoine industriel de Wallonie... et élément d’un imaginaire wallon ? L’exemple de la bande dessinée », dans Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles, n° 28, avril 1994, p. 1-22. Dans une moindre mesure, voir également nos trois articles où cette dimension est prise en compte : « Les réalités sociales » et « Identité et BD », dans Jean-Claude VAN CAUWENBERGHE (sous la dir. de), Oser être Wallon !, Gerpinnes, Quorum, 1998, p. 49-64 et 107-123 ; « Imaginaire wallon et bande dessinée », dans Luc COURTOIS et Jean PIROTTE (sous la dir. de), L’imaginaire wallon. Jalons pour une identité qui se construit, Louvain-la-Neuve, Fondation wallonne P.-M. et J.-F. Humblet, 1994, p. 191-212, coll. « Recherches, n° 1 ».

Référence : COURTOIS Luc, « Le “châssis à molettes” dans la bande dessinée wallonne : de la représentation au récit », dans TILLEUIL Jean-Louis (sous la dir. de), Théories et lectures de la relation image-texte, Cortil-Wodon, E.M.E., 2005, p. 233-258 (coll. « [TEXTE-IMAGE] »).
 
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Envoyer un mail au GRIT - Mise à jour : mercredi 16 décembre 2015