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Cycle de conférences Octobre 2008 > Mai 2009 Programme à télécharger ci-dessous

Des fictions qui construisent le monde
Programme

Salle du Conseil, Collège Erasme Place Blaise Pascal, 1 Louvain-la-Neuve, Belgique

« Des fictions qui construisent le monde ».

P
ROGRAMME DU CYCLE DE CONFÉRENCES

Jeudi 16 octobre (18h00)
Jean-Louis Tilleuil (UCL) - Présentation du cycle de conférences
Antje Büssgen (UCL) - « Les prémisses d’un changement de paradigme : lorsque la littérature
devance les sciences humaines »

Jeudi 13 novembre (18h00)
Matthieu Letourneux (Paris X Nanterre) - « Image, récits de fiction et récits documentaires »

Lundi 8 décembre (18h00)
Paul Bleton (Téluq, Québec) - « Des yeux dans le bouillon : espionnage, affichage, cubisme et
patriotisme »

Jeudi 29 janvier (18h00)
Véronique Bragard (UCL) - « Forteresse Europe : réponses (para)littéraires aux fictions
médiatiques »

Jeudi 26 février (18h00)
Jan Baetens (KUL) - « La photographie belge, une photographie ‘mineure’ ? »

Jeudi 26 mars (18h00)
Philippe Kaenel (Univ. de Lausanne) - « Le corps du Christ transparaît ? Imaginaires
photographiques autour du Suaire de Turin »

Jeudi 23 avril (18h00)
Laurence Brogniez (FUNDP-ULB) - « Les modalités de réécriture des ‘vies d’artistes’ dans le
champ contemporain »

Jeudi 14 mai (18h00)
Pierre Marlet (ULB) - « Ceci n’est peut-être pas une fiction : un mélange des codes réalité/fiction

Présentation

Avec un titre qui dramatise à outrance, autant par son contenu (« Morts sous antibiotique ») que sa mise en forme (avec des caractères gras et grands qui occupent tout le quart supérieur de la page), et avec une illustration photographique centrale, rendue tout aussi poignante par son efficace sobriété (le visage triste d’une jeune victime africaine nous est montré de face, en plan serré), le quotidien français Le Monde fait le bilan en juillet 2007 du dossier ouvert à charge du géant américain de l’industrie pharmaceutique Pfizer, suspecté d’être impliqué dans la mort d’enfants nigérians qui auraient servi de cobayes pour les essais cliniques du médicament Trovan. En fin d’article, le journaliste du Monde attire l’attention de ses lecteurs sur le fait que, entre 2000 et 2005, deux fictions, un roman et un film (en fait, le roman signé par John Le Carré, La constance du jardinier, et son adaptation cinématographique), ont constitué deux « événements » qui ont non seulement servi de chambres d’écho à la problématique des essais de médicaments en Afrique, mais ont, plus encore, suscité l’émotion et la révolte dans l’opinion, devenue plus réceptive à l’ « affaire de Kano », du nom de la capitale du Nord Nigéria où elle s’est déclarée... Le 13 décembre 2007, un reportage diffusé en direct durant le journal télévisé belge du soir rend compte de troubles censés se dérouler en Flandre et à Bruxelles, et motivés par la volonté d’une bonne partie de l’opinion de la population du nord du pays d’obtenir l’indépendance de la Flandre, avec comme corollaire de provoquer la scission du pays. Très vite, le standard de la RTBF (Radio et Télévision Belge Francophone) est débordé par les appels de téléspectateurs qui réagissent, bien souvent de manière passionnée, à l’éventualité de cette scission. Dès le lendemain, ce n’est plus la Flandre qui fait la Une, mais la RTBF elle-même suite à l’annonce confirmée que le reportage en question était une « fiction » destinée à relancer le débat sur les relations entre les deux principales communautés de la Belgique....

Les deux situations qui viennent d’être rapidement décrites ont l’intérêt épistémologique de mettre au jour quelques-uns des mécanismes au moyen desquels les fictions (littéraires, paralittéraires, médiatiques, etc.) participent à la construction de notre société contemporaine. Dans le premier cas, c’est l’implication de tout un complexe de pratiques culturelles (romanesques, cinématographiques, médiatiques) nécessaire à l’activation des effets conatifs de la fiction, qu’il nous est donné d’observer. La seconde situation nous rappelle quelles sont les conditions fondamentales du fonctionnement de la fiction (une feintise dont le « jeu » se doit d’être partagé par tous les participants) pour qu’elle puisse produire ses effets spécifiques sur notre expérimentation du monde au quotidien. En d’autres mots, que si les médias d’information - et tout particulièrement ce grand moment de célébration médiatique que constitue le JT du soir - ont l’habitude de nous montrer que la réalité dépasse souvent la fiction, l’inverse (une fiction qui dépasse le réel, c’est-à- dire qui se fait passer pour plus réelle que le réel) ne va pas de soi : il existe une réglementation orientée et implicite, « naturalisée », qui préside aux franchissements des frontières entre réel et fiction. Variabilité de la géométrie avec laquelle les fictions (littéraires, paralittéraires,médiatiques...) nous leurrent, selon que l’on privilégie leurs contenus ou leurs usages ; réversibilité des influences réel/fiction ; historicité des pratiques fictionnelles et de leurs effets : il ne s’agit là que de quelques paramètres à partir desquels les différents intervenants sont invités à réagir dans le cycle de conférences intitulé « Des fictions qui construisent le monde ».

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Envoyer un mail au GRIT - Mise à jour : mercredi 16 décembre 2015