Grit Groupe de Recherche sur l'Image et le Texte
1, place Blaise Pascal - B-1348 Louvain-la-Neuve (Belgique) - tél. +32 (0)10 47 49 24 - fax +32 (0)10 47 25 79 - grit@rom.ucl.ac.be

RÉFÉRENCE

Grit
Des questions ou des suggestions relatives à nos recherches, à nos activités ou à nos publications ? Des remarques ou des conseils quant au contenu de notre site ou à sa conception ? N’hésitez pas à (...) Plus...

Geoffroy Brunson
Diplômé de l’Université catholique de Louvain, Geoffroy Brunson est aspirant chercheur au FRS/FNRS. Ses recherches portent sur les littératures de l’imaginaire, la fantasy plus (...) Plus...

Édito

[mardi 31 janvier 2012]

Retour sur le Colloque EPOP2 (octobre 2011)

L
E Projet EPOP (Popular Roots of European Culture Through Film, Comics and Serialized Literature - Les racines populaires de la culture européenne à travers le cinéma, la bande dessinée et la littérature sérielle) est un projet de recherches et de vulgarisation financé par la Commission européenne dans le cadre du programme Culture 2007. Outre l’organisation d’une exposition, ce projet visait principalement à bâtir un réseau de chercheurs sur la culture populaire à l’échelle européenne, en mettant notamment sur pied une base de données et un musée virtuel, accessible via ce lien :

Musée Virtuel EPOP

Le succès du Projet EPOP a conduit l’Association internationale des chercheurs en Littératures Populaires et Cultures Médiatiques à mettre en place un nouveau programme de recherche européen, intitulé EPOP 2. C’est dans le cadre de ce nouveau projet que s’est tenu à Louvain-la-Neuve, les 12, 13 et 14 octobre 2011, le colloque international « Les racines populaires de la culture européenne », organisé par le GRIT - avec l’aide de la Région wallonne, de l’ASBL « Lire, apprendre, étudier avec l’image et le texte », de l’Institut INCAL de l’UCL [1].

De nombreux chercheurs ont eu l’occasion de présenter leurs travaux à l’occasion de ce colloque, qui privilégiait trois axes majeurs :

1.circulations transnationales et transmédiatiques ;

2.naissance et circulation des genres populaires ;

3.figures mythiques et internationales.

(JPG) Au cours de ce colloque particulièrement fécond, plusieurs interventions ont permis de défricher des terrains d’investigation jusqu’alors peu fréquentés (Hongrie, Pologne...), les autres prenant la forme d’études de cas, issus d’horizons sémiotiques très différents (roman, roman illustré, roman graphique, film, presse écrite, pièce de théâtre, imagerie populaire, bande dessinée). Il s’est agi de focalisations sur un auteur (Dumas, Rob-Vel, Töpffer, Hergé), sur une figure actorielle (Maciste, le gentleman cambrioleur, le juif errant, le détective scientifique), sur une œuvre (la série « Astérix », le one-shot Gemma Bovery), sur une fiction (scoute, fantasy, coloniale) ou sur un support (livre, fascicule, presse, feuille volante, affiche, écran, scène). Les discours théoriques auxquels se sont référées les communications, aussi nombreux que divers (historique, littéraire, sémiotique, esthétique, thématique, symbolique, etc.), ont enrichi immanquablement les échanges. A cet égard, les discussions d’ordre métacritique de la dernière (demi-)journée du colloque ont permis de mettre en évidence un certain inconfort terminologique auquel il aura été fait allusion à plusieurs reprises, par exemple lorsque l’on use des notions à la fois proches et distinctes d’ « image », de « figure », d’ « archétype », de « prototype », de « mythe »... Par contre, les échanges ont fait apparaître des oppositions sémantiques manifestes, comme diffusion/circulation ou diffusion/réception, mais aussi appropriation/intégration (par une culture donnée d’une production populaire étrangère). Si les implications idéologiques liées aux usages des différents supports (feuille volante plutôt que magazine, presse écrite plutôt que livre, etc.) ont été rappelées, celles qui touchent à la variation des rencontres des formes d’expression (texte écrit, image dessinée) ont été soulevées, notamment avec l’exemple de la stigmatisation de la presse populaire pour la jeunesse, adepte de l’histoire illustrée traditionnelle, qui se fait plus discrète en France, suite au succès de la « nouvelle » bande dessinée dans la deuxième moitié des années 1930.

Sur le plan méthodologique, on a pu s’interroger sur la généralisation - difficilement évitable, mais discutable - des résultats, susceptible de s’actualiser de différentes manières. Ainsi, pour des raisons d’ordre technique, la représentation des diffusions d’œuvres populaires en Europe ou dans le monde repose actuellement sur la coloration différenciée des pays, alors qu’il serait plus légitime, par exemple, d’y faire figurer des parcours (de lieux de diffusion à lieux de consommation). La question de l’ethnocentrisme a été, elle aussi, abordée à plusieurs reprises, devant la tendance à l’exportation trop hâtive de résultats d’enquête ou à la dé/naturalisation de concepts que l’on aurait pu croire « sans frontière ». L’attention a aussi été attirée sur les risques de transposer trop rapidement des observations faites sur tel type de production/de support/de conditions de production, sur tel autre type de production/de support/de conditions de production.

Vous trouverez ci-dessous une présentation plus complète, issue du dépliant du colloque :

PDF - 2.4 Mo

[1] Avec le soutien des Ambassades de France, de Pologne et de Suisse.

Référence :
 
1, place Blaise Pascal - B-1348 Louvain-la-Neuve (Belgique) - tél. +32 (0)10 47 49 24 - fax +32 (0)10 47 25 79
Envoyer un mail au GRIT - Mise à jour : mercredi 16 décembre 2015