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RÉFÉRENCE
VAN YPERSELE Laurence, « La Belgique mise à mal : rire grinçant, autodérision ou rire belge. L’image de la Belgique dans la caricature francophone belge aux XIXe et XXe siècles », dans Ridiculosa, actes du colloque « Das Lachen der Völker - Le rire des Nations » (Munich, 2-4 mars 2000), Brest, n° 7, 2000, p. 205-230.

Laurence Van Ypersele
Docteur en histoire, Laurence Van Ypersele est chercheur qualifié du Fonds National de la Recherche Scientifique (F.N.R.S.) et professeur à l’Université catholique de Louvain. Spécialiste de la (...) Plus...

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[introduction]

La Belgique mise à mal : rire grinçant, autodérision ou rire belge
L’image de la Belgique dans la caricature francophone belge aux XIXe et XXe siècles

B
RUXELLES est, à ma connaissance, la seule capitale au monde qui s’identifie à un symbole risible. Paris, c’est la tour Eiffel, symbole d’une modernité triomphante. Berlin, c’est la porte de Brandebourg massive, prestigieuse et puissante. Bruxelles, par contre, c’est Manneken-Pis [1], symbole dérisoire, sinon ridicule. L’autodérision serait-elle au cœur de l’identité belge ? En tout cas, la façon dont les Belges se représentent eux-mêmes me semble révélatrice de l’identité problématique de ce petit pays, mais aussi de l’humour belge où l’autodérision se mêle volontiers au tragique et à la mort.

À travers les caricatures des XIXe et XXe siècles, cette communication propose de voir comment la Belgique est mise en scène par les caricaturistes francophones belges. Redoutable outil de propagande, la caricature s’inscrit, d’emblée et par nature, dans un univers polémique. Son arme est l’ironie, la laideur graphique, les simplifications outrancières et bien souvent la plus totale mauvaise foi. Son but est tantôt de stigmatiser l’adversaire en le tournant en ridicule, tantôt d’appeler au combat en suscitant l’indignation. Miroir déformant des événements de l’actualité, la caricature témoigne de la façon dont ceux-ci ont été vécus. D’un côté elle utilise les passions d’une époque, les peurs et les rêves des contemporains. Mais, de l’autre, elle nourrit et renouvelle l’imaginaire collectif.


[1] Statue commandée à Jérôme Du Quesnoy en 1619.

Référence : VAN YPERSELE Laurence, « La Belgique mise à mal : rire grinçant, autodérision ou rire belge. L’image de la Belgique dans la caricature francophone belge aux XIXe et XXe siècles », dans Ridiculosa, actes du colloque « Das Lachen der Völker - Le rire des Nations » (Munich, 2-4 mars 2000), Brest, n° 7, 2000, p. 205-230.
 
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Envoyer un mail au GRIT - Mise à jour : mercredi 16 décembre 2015